Mon Chagrin d'école

A vous, qui m'avez fait détester les maths.
Réveillé par la fraîcheur de ce matin, votre image m'est venue. Certes ma dernière lecture m'a quelque peu replongé dans ces années de galères géométriques exponentielles, mais votre personnage est toujours caché dans un coin de ma tête. Sachez que cette dernière me sert beaucoup.
Mais si mais si, souvenez-vous c'était il y a peu. Evidemment l'une de vos pires classes de seconde de toute votre carrière. Elêve modeste jamais premier jamais dernier, ce jusqu'à ce que nos chemins se croisent. En effet c'est avec vous que j'ai connu l'échec scolaire. Mes soucis mathématiques ne m'ont pas causé mon année, mais ils m'ont valu bon nombre de remises en cause et de déviations orientationnelles. Mon calvaire a commencé lorsque j'ai osé affirmer qu'il n'y avait pas seulement les maths dans la vie. De nous deux, je devais être le seul convaincu. Cette perle aujourd'hui -encore plus aujourd'hui qu'il y a 5 ans- justifiée m'a coûté un devoir sanctionné à l'unité. Un. J'ai fait jaser tout ma classe pendant quelques temps. Les bons, qui étaient mes amis, n'en revenaient pas de cette chute libre, les mauvais, simples camarades, ont ris de me voir échouer sur leur île lointaine.
Comme vous aviez du être heureux de pouvoir jouer sur ma personne sans jamais daigner me lancer une bouée de sauvetage, sans jamais m'accorder ce "point bonus" pour présence aux séances d'aide individualisée sous prétexte d'abonnement pour l'année. Ai-je choisi de ne pas suivre vos méthodes? Avez-vous une seule fois réellement songer à mon cas? Loin d'être un cas désespéré -aucun autre soucis ailleurs- jamais vous n'avez cherché à comprendre ce qui n'allait pas avec moi. Le recul de 5 années que j'ai aujourd'hui m'envoit cette fatalité en pleine face: vous ne m'aimiez pas. C'est cru, enfantin, mais tristement vrai. Je vous ai vu prendre certains de mes camarades par la main. Peut-être trouvaient-ils un intérêt vital aux maths, contrairement à moi -qui souhaitais devenir occuliste-. Evidemment je n'aurais pas échappé aux maths dans cette voie, mais au lieu de me conforter dans ce désir d'avenir, vous avez préféré vous débarasser de moi, me vouant à l'échec.
Ayant trouver une nouvelle voie d'avenir, que je me suis gardé de vous présenter, mes notes ne changèrent pas, et pourtant tous les critères étaient rassemblés pour aspirer à la réussite -aide de camarades, tripalge du temps de travail. Cette nouvelle voie, commerciale et économique, me nécessitait une ouverture à un domaine mathématique. Mes autres professeurs préférant me voir apaisé dans un domaine intéressé m'ont donné les clefs. Après une année, j'étais une fois de plus mis en doute -vous n'y étiez pour rien-. Mon nouveau professeur de math m'y a redonné goût, la réussite s'en est suivie. Bac en poche, sans aucune mention, ni même européenne, avec un 15 en maths, spécialité. Hurlements de joie et énorme pied de nez, mon père s'est empressé de vous faire voir cette note qui ne valait rien pour vous, car n'étant pas scientifique. Malade de votre réaction haineuse, je m'en suis retourné vers les miens.
Oui, j'ai eu le bac. Et je me suis inscrit à la fac -je vois déjà des pustules gonfler sur vos joues- de lettres évidemment. Une première année sans toucher aux maths, ni de près, ni de loin. Rappelez vous plus tôt... Mais ça ne s'est pas arrêté là, car il s'en est suivi une deuxième année, et réussie à nouveau! Vous savez quoi? Je vous le donne en mille: pas de maths!!! Je pourrai attendre les 3 dernières années d'études qui m'attendent pour voir s'il y a eu un quelconque changement, mais croyez moi, j'ai trouvé ma voie. Je suis certain que je fais monter en vous une ondée de satisfaction. Ne vous emportez pas mon bon monsieur, vous m'avez simplement ouvert les yeux sur un soucis qui touchent de plus en plus de professeurs, et ce, aussi diplomés qu'ils puissent être, vous ne savez pas enseigner. Délaisser la fin du peloton pour s'intéresser au maillot jaune, vous avez le droit de ça lorsque vous êtes prof de maths qui veut connaitre le vainqueur du Tour, mais pas si vous êtes entraineur cylciste.
Je sais de quoi je parle puisqu'à défaut d'avoir terminer mes études, j'enseigne déjà, la voile certes, mais la pédagogie y est autant présente que dans une salle de classe. De plus, j'étudie pour enseigner plus tard, et à chaque fois que je me trouve confronté à une diversité dans les niveaux d'élèves, il va falloir y faire face et ne pas décourager, dégouter, écoeurer les derniers de la file.
Je vais devenir professeur de français pour les étrangers, loin de moi les mathématiques tels que vous les enseigner. Les seuls auxuqles j'aurais droit, sont ceux de mes dépenses et revenus. Appelez-vous celà maths?
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Je n'hésite pas à poster cet écrit estival dès aujourd'hui en avant-première de tous ceux qui suivront un jour peut-être... Même s'il n'est pas véritablement représentatif du panel que je possède, la raison de cette publication précoce réside tout simplement dans le message du texte.
Merci à tous de penser comme moi. (ou passez votre chemin...)
Merci à Daniel Pennac et à son 'Chagrin d'école', d'ailleurs au passage, il est président du Livre sur la place cette année à Nancy :) bienvenue à lui dans la cité des Ducs, le royaume de la mirabelle, chef-lieu de Meurthe-et-Moselle.
En parlant de mes écrits, j'ai terminé la phase d'informatisation. Les idées et l'inspiration sont toujours présentes, je ne prends seulement pas le temps qu'il faudra pour focaliser ces phénomènes ensemble et pondre encore plus de petits écrits... Mais en espérant que j'arrive à me bouger les fesses pour faire avanceer mon shmilblik, peut-être aurez vous d'autres aperçus?!
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